Ce que j’en dis
Je dénonce le matraquage publicitaire, ces images fausses qu’on nous donne pour nous faire croire qu’on est moche par rapport à la beauté irréelle, et pour cause retouchée, des filles qu’on voit dans les magazines. Je dénonce l’image de la ”beauté parfaite” que nous imposent les médias, les moyens mis en oeuvre par la Mode pour nous complexer. Je prône l’estime de soi, l’acceptation de son image et la culture de la différence. Je veux faire passer ce message mais je ne sais pas encore comment… Difficile de faire mieux que les vidéos de Dove, et comment ne pas s’en inspirer dans la mesure ou je dénonce exactement la même chose qu’eux. Mon projet de base ne sera néanmoins pas une vidéo mais un livre… un espèce de magazine collector… une satyre des autres magazines féminin : Le mode d’emploi de la femme parfaite. (Ceci n’étant pas le titre définitif). J’agrémenterais sûrement, en plus, d’une campagne sur le net avec des vidéos. Pour l’instant rien n’est fait.
On est toutes des stars.
Les “stars”, mannequins, chanteuse, actrices… sont si belles à la télé, dans les magazines ou sur le tapis rouge. Allez les prendre le matin au reveil et vous réaliserez qu’elles ne sont pas différentes de nous. Aujourd’hui avec le maquillage, la chirurgie esthétique et la retouche numérique on fait des miracles. Et avec de l’aide, tout le monde peut être belle selon les critères des médias (mince, la peau lisse et bronzée une poitrine abondante mais pas trop, des yeux en amande et bien ouvert, une bouche pulpeuse…).
Manuel de la femme parfaite ou foisons de petits conseils pour être une putain à la page.
“Aprés des siècles d’interdiction de se montrer, femmes au sommet d’exhiber qu’elles ont bien tout aux normes, qu’elles se sont calibrées.
Voila mes jambes interminables, glabrées, halées, mon ventre plat, nombril perçé, mes seins énormes, fermes et moulés, mes cils sont longs, mes cheveux brillants. Consternation.
Sur un ton de connivence amusé, foisons de petits conseils pour être une putain à la page. Et se mêlant de tout, que tout rentre dans les cases, et comment il faut jouir, se teindre jusqu’au poil pubien, et comment on doit être du dedans au dehors.
Ton faussement débonnaire, propagande d’imbéciles pour être comme il faut…”
Les jolies choses, Virginie Despentes, un film de Gilles Paquet Brenner.
Image.
“Parce que l’idéal de la femme blanche, séduisante mais pas pute, bien mariée mais pas effacée, travaillant mais sans trop réussir, pour ne pas écraser son homme, mince mais pas névrosée par la nourriture, restant indéfiniment jeune sans se faire défigurer par les chirurgiens de l’esthétique, maman épanouie mais pas accaparée par les couches et les devoirs d’école, bonne maitresse de maison mais pas bonniche traditionnelle, cultivée mais moins qu’un homme, cette femme blanche, heureuse qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, celle à laquelle on devrait faire l’effort de ressembler, à part qu’elle a l’air de beaucoup s’emmerder pour pas grand-chose, de toute façon je ne l’ai jamais croisée, nulle part. Je crois bien qu’elle n’existe pas.”
King-Kong Théorie de Virginie Despentes, Editions Grasset
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